Numéros

Numéro 7, automne 2021

(en librairie actuellement)

couverture intégrale du numéro Numéro 7, automne 2021

Maquillage zébré sur le visage, aux formes aussi nettement dessinées que le démantèlement progressif des droits sociaux, on prendra des chemins de traverse avec Emmanuel Beaubatie en liant changements de sexe et mobilités sociales ; on se glissera dans la peau d’une traductrice habitée par une artiste aux identités multiples ; on enfilera une paire d'ailes pour questionner le concept de hiérarchie (en faisant un petit feu au passage) ; on traînera la savate, 8-6 à la main, pour trouver enfin LA VÉRITÉ sur le mot schlag ; on furètera dans les recoins d'une revue indépendante avec un collectif de photographes qui refuse toute récupération ; on interrogera les images manquantes d'une cinéaste des indépendances ; on ouvrira une boîte à outils des graphies non-binaires pour décoincer nos langages puis on chantera à tue-tête Papaoutai dans la cour de récré.

Tissant des liens entre générations, on s’enivrera alors de l'ESPRIT VIEILLE, avec un dossier sur le potentiel subversif du grand âge, parce que du courage et de l’audace, en cet automne 2021, il en faut — toutes générations dehors et solidaires contre la start-up nation.

Numéro 6, hiver 2021

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couverture intégrale du numéro Numéro 6, hiver 2021

Mues par un impérieux besoin d'échapper à un quotidien poisseux dominé par une gestion sanitaire aussi erratique que libérale, on court-circuitera le monopole d’Enedis pour s’intéresser à l’autonomie énergétique, on s’installera dans les services des urgences pour y suivre la lutte méprisée des soignantes, on emboitera intrigues religieuses et questions de genre en compagnie d’une messie (si si) dans le Milan médiéval, on montrera par la pratique du foot que c’est pas parce qu’on le dit qu’on l’est (féministe), on se connectera sur des forums d’entraide pour atténuer l’isolement et la souffrance qui peuvent survenir suite à la naissance d’un·e enfant, on briguera la présidence des États-Unis (eh ouais) pour proposer un nouvel ordre mondial (lesbien et poétique) puis on cassera l’ambiance d’un repas familial avec Sara Ahmed, pour le plaisir, mais surtout parce que non, les choses ne sont pas « comme ça ». Killjoy ! comme cri de guerre, on plantera alors les dents de la fourchette dans un flagrant déni aussi juteux qu’arrangeant, avec un dossier sur le travail invisible et non reconnu comme tel.

Numéro 5, printemps et été 2020

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couverture intégrale du numéro Numéro 5, printemps et été 2020

Dans ce cinquième numéro, alors que les raffineries tirent la langue et que Macron est un « pur schlag » (Jeanne Balibar), on s’inquiètera de la généralisation du travail gratuit, on se heurtera aux politiques migratoires qui transforment la Méditerranée en bain de sang, on prendra nos quartiers dans les immeubles austro-marxistes de Vienne, on lira le récit aussi intime que violent de la transexuelle brésilienne Princesa, on écoutera les voix étouffées des victimes du désastre industriel de Gauley Bridge (États-Unis), on râpera de la muscade sur l’autel du libre-échange, puis on imaginera vieillir dans une autre enveloppe grâce à la Réincarnation médicalement assistée. Régénérées, on s’armera alors de micros, d’aiguilles, de papier à lettre, de bottes en caoutchouc, d’amour et de rage pour nous pencher sur les articulations entre les luttes environnementales et les mobilisations de femmes.

Numéro 4, été et automne 2019

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couverture intégrale du numéro Numéro 4, été et automne 2019

Dans ce quatrième numéro, alors que les bourgeons pointent et que les ronds-points persistent, on confiera nos données numériques à un serveur safe, on embarquera à bord du Pays de Liège pour une croisière toxique sur la Meuse, on piétinera les conventions sexistes de la peinture classique avec les portraits de Sylvia Sleigh, on s’interrogera sur la manière dont il est permis à une femme d’être une grande écrivaine, on arrachera l’asphalte des rues bruxelloises avec un super-héros qui pourrait être vous, on comparera les rôles d’Hélène et des esclaves dans les traductions successives de L’Odyssée, puis l’on perdra la tête en retraçant l’évolution rhizomatique de la renouée du Japon. Le week-end étant arrivé, on passera alors le DIMANCHE EN FAMILLE à l’ombre des cerisiers rouges et des pommiers blancs, pour réfléchir aux liens qui nous obligent et respirer un peu plus large pendant que le soir tombe.

Numéro 3, automne 2018

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couverture intégrale du numéro Numéro 3, automne 2018

Dans ce troisième numéro, alors que la comète 46P/Wirtanen traîne dans les parages, on laissera les passions indociles s'exprimer en images, on écoutera l'histoire d'un label de "littérature parlée" né à New York dans les années 1950, on rencontrera Francis et son itinéraire de travailleur cabossé, on mettra nos crampons pour dribbler sur le terrain du football féminin, on allumera la télé soviétique pour y regarder des films aux allures hollywoodiennes, on suivra les activistes des Young Lords dans leur lutte contre les inégalités de santé, et on préférera l'amertume des plantes sauvages à l'emprise du sucre. Puis, repu·es de ces aventures, il sera enfin l'heure d'échanger NOS MEILLEURS SOUVENIRS, en s'interrogeant sur la manière dont les archives nourrissent nos mémoires et nos histoires – collectives, politiques, impertinentes ou méprisées.

Numéro 2, printemps 2018

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couverture intégrale du numéro Numéro 2, printemps 2018

Dans ce deuxième numéro, sous le soleil exactement, on se frottera à la Peau de l’écrivaine Dorothy Allison, on piquera une tête dans les archives du premier journal des Sourdes, on se laissera dériver dans les eaux sombres du desgosto avec les Paumari et les Guarani du Brésil, on surfera sur les fautes d’orthographe d’un auteur sicilien qui donne du fil à retordre à sa traductrice, on enflera masque et tuba pour suivre la ronde des corps de l’artiste Carlotta Bailly-Borg, on s’immergera dans une structure médicale qui soigne des femmes aux parcours violentés, on se rafraîchira avec une petite salade sauvage cueillie dans la campagne catalane, puis l’on contemplera le crépuscule tomber sur le genre, la ligne de l’horizon en toile de fond. La brise s’étant levée, on se réchauffera aux braises de La pierre à feu, où il sera question de gros et de petits sous, d’inégalités patrimoniales et de foyers émancipateurs.

Numéro 1, automne 2017

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couverture intégrale du numéro Numéro 1, automne 2017

Dans ce premier numéro, alors que les pelles mortes se ramassent à la feuille et que le duende andalou s'invite dans nos pages, on sortira des marins du grand bleu et de l'oubli, on suivra des contrebandières dans les ressacs de la chute du bloc soviétique, on marquera un arrêt dans la salle télé d'un HP, on éprouvera le dilemme de femmes prises en étau entre féminisme blanc et anti-racisme viril, on servira le déni au dîner le temps d'un dimanche familial et fleuri, on coupera la chique à ceux qui tranchent les vulves pendant les accouchements, on écoutera les témoignages des récents massacres mexicains, on s'attardera en images sur la guerre Iran-Irak, on mangera des broussailles par la racine, on chantera ensemble, main dans la main, « Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime... ! » et le moment venu – roulements de tambour et lever de rideau – on pénétrera dans QUIPROCLASH, l'univers des paroles déplacées à la sauce Panthère, celui des langues déliées et des langues mordues, et il y en aura pour tout le monde, petit·es et grand·es, esclaves sous l'Inquisition, psychanalystes et dissident·es chinois·es !