numéro 1, automne 2017

Dans ce premier numéro, alors que les pelles mortes se ramassent à la feuille et que le duende andalou s'invite dans nos pages, on sortira des marins du grand bleu et de l'oubli, on suivra des contrebandières dans les ressacs de la chute du bloc soviétique, on marquera un arrêt dans la salle télé d'un HP, on éprouvera le dilemme de femmes prises en étau entre féminisme blanc et anti-racisme viril, on servira le déni au dîner le temps d'un dimanche familial et fleuri, on coupera la chique à ceux qui tranchent les vulves pendant les accouchements, on écoutera les témoignages des récents massacres mexicains, on s'attardera en images sur la guerre Iran-Irak, on mangera des broussailles par la racine, on chantera ensemble, main dans la main, « Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime... ! » et le moment venu – roulements de tambour et lever de rideau – on pénétrera dans QUIPROCLASH, l'univers des paroles déplacées à la sauce Panthère, celui des langues déliées et des langues mordues, et il y en aura pour tout le monde, petit·es et grand·es, esclaves sous l'Inquisition, psychanalystes et dissident·es chinois·es !

Escale au Havre

Par Delphine Thibon, numéro 1, automne 2017

Pour ce premier voyage, Panthère Première publie des dessins de marins de passage au Havre.

Institutrices et contrebandières

Commerce transfrontalier dans la Roumanie post-communiste

Propos recueillis et traduits par Norah Benarrosh-Orsoni

Dans une petite ville du sud de la Roumanie, Leana et Ştefania reviennent sur leurs années 1990, quand elles étaient à la fois enseignantes et « petites contrebandières » pour pallier les difficultés quotidiennes de la transition post-communiste, tandis que les journaux appelaient à boycotter les « trafiquant·es ».

HP, l’ère du vide

Par Sila B.

« Regarder Le Maillon faible avec des gens qui vont mal, voir l’animatrice humilier le maillon faible et les pubs qui défilent où il n’est question que de beaux cheveux, d’intérieurs bien tenus et d’automobiles filant dans des décors de cinéma. » Témoignage.

Le dilemme de Cologne

Quel espace politique pour les femmes racisées ?

Par Mélusine

Été « burkini », bar de Sevran, femmes « en voie de disparition » à La Chapelle… Le débat public mêle allègrement féminisme instrumentalisé et racisme décomplexé. Entre le marteau et l'enclume, quel espace politique pour les femmes racisées ?

dossier : Quiproclash !

Panthère Première s’installe à la lisière des dits conformes et des voix légitimes, à l’écoute des paroles qui dérangent et résistent, attentive aux manières de contraindre, de pousser des individus à conformer leurs discours, d’étouffer les bricolages malvenus. Quiproclash ! Ou comment les dissonances du langage révèlent avec force rapports de pouvoir et rigueur des institutions.

Son frère, il parle pas

Bricolage langagier en famille

Par Mathilde Blézat

Comment communiquer en famille quand celle-ci compte une personne qui ne peut acquérir le langage oral classique ? A partir de sa propre expérience, l’auteure se livre à un travail d’enquête auprès de sa famille. Une histoire d’inventivité langagière collective qui ne fait pas l’impasse sur les rapports, souvent conflictuels et empreints de malentendus, entre la famille et les institutions médico-éducatives chargées de la « prise en charge des porteurs de handicap mental ».

Vouloir durer, c’est apprendre à mourir

Sauf que l'éléphant complique l'exercice

Par Julia Burtin Zortea

Que se passe-t-il quand une femme âgée, souffrant de démence neuro-dégénérative, parle en institution de soin des violences qu’elle a subies au sein de sa famille ?

Sur le fil

Les usages du silence dans un procès inquisitorial

Par Frank K., Eduardo V., Lydia T.

Que faire quand on est conduit dans les geôles de l’Inquisition, sans savoir de quoi on est accusé ? Quand des mois durant, on fait face à des juges qui parlent une langue et manipulent des références incompréhensibles ? Que faut-il dire et qu’est ce qu’il est possible, surtout, de cacher ?

« La calligraphie du président Mao n’est pas terrible »

Un exercice d'autocritique en Chine communiste

Lettres traduites et présentées par Chayma Boda, Aël Théry

Chine, 1958. La révolution maoïste est en marche depuis presque dix ans, rythmée par les campagnes de masse et les purges des ennemis de classe. Pour sauver sa peau de « dissident » et à la demande du Parti, M. X fait et refait son examen de conscience.

44 %

L'épisiotomie ou la violence médicale banalisée

Par ppcm

Les chiffres, notamment à travers la statistique, saturent les médias, les analyses, la publicité. Obscurs, abstraits, réducteurs ou mensongers, ils construisent un monde en trompe-l’œil et font écran à des réalités bien concrètes. Dissection du numéro gagnant.

Inciser le silence

Engagements narratifs contre la violence d'État au Mexique

Par Adèle Blazquez

Deux livres du journaliste indépendant états-unien John Gibler explorent les liens structurels entre violence d’Etat, narcotrafic et mise sous silence des voix divergentes dans le Mexique contemporain. Au delà des récits qu’ils restituent, les choix d’écriture de Gibler font œuvre d’engagement auprès des personnes qui luttent contre des « vérités historiques » imposées.

D’entre les tuiles et les fissures

Introduction aux herbes folles comestibles

Par Natacha Filippi

Méprisées ou soudainement encensées par la mode culinaire, les « mauvaises herbes » racontent pourtant beaucoup de nos rapports à la nature dans un temps long.

Horoscope

Texte de Julia Burtin Zortea, dessins de Julie Jardel

L’an premier après Panthère

Collaboratrices de ce numéro

Conception graphique de la couverture : Alexandra Gerber

Conception graphique de la maquette : Jeanne Gangloff, Eléonore Jasseny, Félicité Landrivon